Thynna Ngangura, donne la couleur et la chaleur à la vie à travers ”L’Ile des oubliées”

-Comment avez-vous grandi intellectuellement et socialement depuis la publication de ”L’île des oubliées”?

Après avoir publié le livre en 2013, j’ai tout de suite ressenti que j’avais du pain sur la planche et que mon devoir envers moi-même était de continuer de m’améliorer en tant qu’auteure. Un peu comme si je m’étais mise dans de beaux draps, et que je ne pouvais plus faire marche arrière. J’ai donc passé plusieurs mois, après la publication, à me noyer dans d’interminables moments de recherche de connaissances ancestrales agrémentées de périodes d’introspection. Dans la vie sociale, devenir auteure a déclenché une avalanche de nouvelles précieuses rencontres et je crois que ça ne fait que commencer, vu que je suis encore novice dans le monde des lettres.

-Quel est l’impact de votre pays d’origine; la RD Congo et celui d’adoption, les Etats-Unis, sur votre vie d’écrivaine?

Les temps séjournés au pays et ici aux USA ont très profondément construit mon esprit, ma pensée et ma façon d’appréhender la vie. Cet impact reste dynamique et évolue à chaque instant tant que mon cerveau est capable d’absorber l’information culturelle qu’il reçoit incessament.

-Quelle est l’influence directe de ” L’ île des oubliées” sur le monde?

Wow! Une part de moi voudrait avoir la prétention de pouvoir influencer le monde, mais, l’autre part de moi se demande si c’est vraiment nécessaire. (rires). Si je commençais modestement par un micro-monde d’amis et d’entourage immédiat avant de viser un monde aussi grand que le nôtre, je dirais que faire sourire une personne qui lit mes écrits est tout le résultat qui satisfait ma démarche. La raison du sourire peut rester personnelle au lecteur, je n’en demande pas plus.

-Comment entendez-vous impacter l’Afrique et le monde à travers l’écriture dans cinq ans?

Je tiens à continuer pleinement le pèlerinage que j’ai commencé dans cet art qu’est l’écriture. Je ne peux pas devenir parfaite mais devenir et rester moi-même en accord avec mon présent destin. Je crois que l’Afrique a déjà eu de brillants auteurs et continue d’en avoir. Les écrivains et tous les artistes du monde donnent de la couleur et de la chaleur à la vie, permettant un changement du paradigme de l’existence parce que grâce aux arts, chacun peut s’autoriser la petite question de savoir “ s’il y avait autre chose derrière tout ça…?”

Tout art nous donne la permission d’intégrer le monde de l’infini et moi je suis là pour contribuer à ce voyage.