RDC – Sun-City et Genève: Ceux qui se disent du père haïssent le fils

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Le deal de Sun-City

Dix-neuf mois de leur vie ont été pris par la valse entre les aéroports et les tables des négociations. A leur terme, un ouf de soulagement est parti de Sun-City ; Le dialogue inter-congolais offrait finalement à la RDCongo, un régime inédit dénommé 1+4. Le 17 Avril 2003, prêtent serment comme vice-présidents de Joseph Kabila : Abdoulaye Yerodia Ndombasi, représentant le pouvoir, Arthur Zahidi Ngoma pour l’ Opposition Congolaise, Azarias Ruberwa pour le RCD-Goma – un mouvement rebelle soutenu par le Rwanda – et Jean Pierre Bemba Gombo pour le MLC – un mouvement rebelle soutenu par l’ Ouganda.

Le deal de Genève

Quinze ans plus tard, l’opposition Congolaise se réunit à Genève pour se choisir un candidat commun de l’opposition. Plusieurs mois de suspense trouvent finalement une issue ; Martin Fayulu devient officiellement le candidat commun de l’opposition, le 11 Novembre 2018. Il doit jouer le rôle de porteparole de Lamuka et, si jamais il gagnait aux élections, il resterait à la tête de la RDC pendant deux ans, durant lesquels, il réviserait la constitution et permettrait ainsi à Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi-invalidés par la Cour constitutionnelle-de revenir aux affaires.

La similitude des deux deals

La surprise de ces deux deals c’est leur similitude. A Sun-City, on a roulé le père et à Genève, la malice l’a emporté sur le fils. Dans le premier comme dans le deuxième cas, les plus petits dénominateurs communs dament le pion aux poids lourds : Arthur Z‘ahidi Ngoma comme tête de l’opposition non armée dans le gouvernement 1+4 et, Martin Fayulu à Genève comme candidat commun de l’opposition. Et encore, à Sun-City comme à Genève, l’ombre de Kofi Annan plane ; Moustapha Niasse, son envoyé spécial est témoin de la signature de l’accord de Sun-City en Afrique du Sud et sa ”Fondation Kofi Anan’’ est la marraine de l’accord de Genève.

Ce n’est ni le poids de l’union des congolais pour la paix [UCP] ni celui de l’engagement pour la Citoyenneté et le développement [ECIDé] qui ont fait de Zahidi Ngoma et Martin Fayulu les élus de Sun-City et de Genève, mais plutôt ce que ce dernier a lui-même appelé ‘’un vote stratégique’’ qui n’est rien d’autre que la malhonnêteté politique.

Qu’aurait fait Etienne Tshisekedi ?

Le 8 Juin 2016, les membres de l’opposition Congolaise se bousculent à Genval. Chacun se cherche une place sous les projecteurs de l’actualité. Les vrais et les faux se frottent les épaules. Le rassemblement des forces de l’opposition est né. Objectif : Contraindre Joseph Kabila de respecter la constitution et quitter le pouvoir à la fin de son second mandat. Cette guerre a deux armes redoutables : L’intelligence – connaissance instructive – pour ne pas s’écarter de la constitution, et, la sagesse – connaissance expérimentale – pour ne pas brûler la case-Congo.

Au regard du paysage politique actuel où le FCC est majoritaire au parlement et au Sénat, tout politicien respectueux de la constitution de son pays opterait soit pour la cohabitation soit pour la coalition. Etienne Tshisekedi serait parti à Genève s’il avait des garanties comme son fils Félix en a eu de ses alliés et partenaires. Après la découverte du complot, il se serait désolidarisé de Lamuka comme il l’a fait de l’accord de Sun-City. Gagnant de l’élection présidentielle, Il aurait privilégié la paix et aurait protégé Kabila comme il l’avait proposé à Mobutu, à Laurent Désiré Kabila et aussi à Joseph Kabila pour une sortie honorable par l’esprit de Genval. Les voix se seraient élevées pour critiquer sa position comme c’est le cas aujourd’hui contre le fils. ‘’Nous sommes du père et le fils a trahi son esprit en coalisant avec Kabila et le FCC.’’ Ils ont critiqué le père d’avoir refusé d’inclure en d’autres temps les caciques du MPR dans son gouvernement d’union nationale après les négociations de la N’sele. Aujourd’hui, ils accusent le fils de faire trainer la sortie du gouvernement parce qu’il tient à ne pas mettre du ‘’vin nouveau dans les vielles outres.’’Ils ont crié à la trahison lorsque le père a visité un Mobutu convalescent à Nice, en France. Ils se disent trahis par le fils pour avoir coalisé avec Kabila. Pourtant, le fils marche sur les traces de son père : La démocratie et l’état de droit.

Une race de ceux qui condamnent le fils et se réclament du père est née. La vérité, elle, reste têtue ; ceux qui n’ont jamais porté le père dans leur cœur, n’aimeront jamais le fils.

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