RDC – Madame Chantal Yelu Mulop: Je veux oeuvrer pour défendre les femmes victimes de violences

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PHOTOS ET REPORTAGE : FRANK HALIMI

La conseillère spéciale du Chef de l’état en charge de la lutte contre les violences sexuelles du genre et de la jeunesse, Mme Chantal Yelu Mulop,veut mettre tout en oeuvre pour défendre les jeunes filles et les femmes victimes de toutes sortes de violences en République Démocratique du Congo. Les femmes sont de plus en plus victimes dans tous les domaines: conflits armés ou conjugaux, et même au niveau employeur. Or, une vraie politique pourrait changer la donne. Mme Chantal Yelu Mulop analyse l’évolution de ces violences faites aux femmes et nous donne un éclairage sur les mesures prises pour lutter contre ces atteintes.

* Vous luttez contre les violence faites aux femmes et pourtant il y a une femme sur trois qui est victimes de violence dans le monde ?
– Effectivement je trouve tout ça intolérable que les femmes soient victimes de toutes sortes de violences. Je veux me battre afin que les femmes et les jeunes filles aient des droits. Le président de la République Démocratique du Congo et son gouvernement est très concerné et il veut mettre en place une politique de protection des femmes et des jeunes filles victimes de violences.

* Les violences spécifiques subies par les femmes pendant les conflits armés empirent-elles?
– Les violences envers les femmes pendant les conflits armés ont toujours existé. Depuis longtemps les viols sont assimilés au pillage, le corps des femmes perçu comme partie du territoire conquis est alors considéré comme un butin de guerre. Plus récemment, les violences sexo-spécifiques sont devenues une véritable tactique de guerre. En RDC , violer les femmes visait aussi à propager le Sida chez l’ennemi. Les grossesses forcées participaient de l’épuration ethnique. Actuellement en République Démocratique du Congo, les viols s’accompagnent de tortures et de meurtres. Les ravages sont tels que des associations parlent de génocide. Aujourd’hui 80% des victimes des conflits armés sont des civils dont une majorité de femmes et d’enfants.

* Quelles sont les différentes formes de violence à l’égard des femmes et des jeunes filles ?
_ Il y en a des multiples: La violence sexuelle, le harcèlement sexuel, la violence affective et psychologique, l’exploitation économique, l’exploitation sexuelle et la traite sexuelle, le crime d’honneur, les crimes liés à la dot, le féminicide, l’infanticide des jeunes filles, les mutilations génitales féminines et le mariage forcé et précoce.

* Que peut-on faire pour lutter contre ces violences ?
– D’abord, il faut insister sur la prise de conscience, il faut continuer à faire passer le message, sensibiliser, en parler. Ça implique aussi bien le voisin que les associations en passant par les acteurs politiques. D’autre part, une fois que les femmes ont fait la démarche, il faut des structures pour les accompagner. Malheureusement au Congo-RDC, il n’y a pas de structures pour accompagner ces femmes qui sont victimes de violences. Il faut aussi aller plus loin sur le plan judiciaire, notamment en reconnaissant le viol, les violences physiques ou morales afin d’être retenus comme circonstances aggravantes pour un crime ou un délit et prendre ainsi les mesures de protection pour les enfants ainsi que les jeunes filles.

* Les violences sur les femmes sont toujours un sujet tabou surtout dans les villages d’Afrique ?
– Il faut changer les mentalités, il faut briser les tabous qui entourent les violences contre les femmes. Ce sont les non-dits, les préjugés et le mépris qui perpétuent ces actes sexistes, faisant de la vie de millions de femmes un véritable enfer. Certaines en meurent, d’autres vivent dans la peur, la honte et l’insécurité. Alors que trop souvent les auteurs des violences ne sont pas punis par la justice.

* En RDC, onze mineurs ont violé une jeune fille de 13 ans, qu’elle a été votre réaction ?
– Tout d’abord c’est intolérable. J’imagine le traumatisme de la jeune fille de treize ans ainsi que ses parents. Je ne suis pas juge, la police comme la justice feront leur travail. Le président de la République a pris cette affaire en main tout en laissant la justice faire son travail. Il faut dans notre pays des structures pour les mineurs qui ont commis des actes de violences afin de mieux les éduquer pour qu’ils puissent intégrer de nouveau la société et qu’ils puissent comprendre leur acte de violence.

* Un dernier mot ?
– Je ferais le maximum pour venir en aide et prendre des mesures strictes pour combattre les violences faites sur les femmes et les jeunes filles.

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