Paris – France:” L’écho du bilan positif de Félix Tshisekedi dans le quotidien du peuple Congolais

Patriote et tshisekediste, Noel Kuela analyse le paysage politique actuel, une année après l’accession de Félix Tshisekedi à la magistrature suprême. Interview

– Comment vous décrivez-vous?

J’ai beaucoup réfléchi sur la question. La seule réponse qui me satisfait est de dire que je suis un homme à part entière doté de toutes ses facultés mentales et de beaucoup d’humanité. Je suis congolais, kinois, chrétien, patriote et tshisekediste.

– Il se dégage de vos prises de position que Mobutu et Kabila ont pillé la RDC. Comment l’expliquez-vous?

Il suffit de se placer au soir du 25 novembre 1965 pour observer la dégradation vertigineuse du tissus économique et social à la suite du pillage systématique dû à la confusion entre le patrimoine privé et le patrimoine public. Durant 32 ans, Mobutu était l’État congolais personnifié, prenant en otage tous ses secteurs, en faisant de lui un objet de jouissance personnelle, familiale et un gâteau à partager entre amis.

Joseph Kabila est venu sans une vision de direction. Il s’est entouré de pilleurs et a organisé la prédation en s ‘appuyant sur des mobutistes, et des conseillers qui l’ont pris en otage et qui ont fait saigner le pays en son nom. N’oublions pas ses partenaires étrangers – dont je me reserve de citer les noms – qui l’ont aidé dans le blanchiment d’argent pillé. Des documentations de pillage existent, le Panama papers en est une.

– L’UDPS est partisane de l’État de droit mais, le président Tshisekedi refuse de fouiner dans le passé; un point de vue que vous épousez. Qu’avez-vous compris qui échappe aux autres?

Un président justicier est une violation de la vie d’un État. S’il instrumentalise la justice, celle-ci deviendra inefficace devant lui-même avant tout. Or nul ne doit être au dessus de la loi. C’est à l’appareil judiciaire d’utiliser tout l’arsenal légal à sa disposition pour se saisir des crimes et pour juger des criminels en toute indépendance et ce, dans le respect de la déontologie. Un président qui refuse de se mêler de la justice est plutôt une bonne nouvelle pour l’avènement d’un État de droit.

– Pourquoi semblez-vous privilégier la diplomatie à l’émotion des masses dans la résolution des problèmes?

La situation actuelle de la Rdc est due à la faillite de la diplomatie. Nous avons un pays qui est au centre des enjeux considérables, mais l’aveuglement et l’égoïsme ont fait qu’on n’a pas su lire le danger qui se pointait à l’horizon. Ceux qui ont su mieux parler, ont été considéré plus crédibles que les nationaux au point d’être soutenus pour nous envahir.

Il est temps de reprendre la main par la diplomatie et de nous montrer responsable. La masse est émotive, privilégiant la vengeance; ce qui est compréhensible vus les dégâts subis, mais cela ne garantit aucune stabilité pour l’avenir du pays. La RDC doit parler, convaincre et vivre en bon termes avec ses voisins pour une paix durable.

– Une année depuis l’investiture de Félix Tshisekedi à la tête du pays. Quel bilan en faites-vous?

La RDC est au fond du gouffre. Parmi les pays les plus pauvres du monde. Même si on la remonte de dix mètres, tant que sa tête est encore dans le fossé, il est difficile de nous réjouir d’un certain bilan. Je dois reconnaître que depuis son accession au pouvoir, Fatshi a fait montre d’une volonté politique, d’une envie effrénée de transformer ce pays. Le bilan du lancement des travaux dits de 100 jours est largement positif. La libération des prisonniers politiques, le respect des libertés publiques, la fermeture des cachots, et la transparence dans la gestion de l’État sont autant des signes qui ne trompent pas sur le cap qu’il entend fixer. Son bilan est globalement positif, mais il faudra l’accentuer pour voir ses effets dans le quotidien de notre peuple dont la misère est insupportable. La gratuité de l’enseignement de base est une décision qui va dans le sens de soulager cette misère et de garantir un avenir meilleur à notre pays en mettant à sa disposition des filles et fils instruits.

– Quelle lecture faites-vous de l’alliance Cach – FCC pendant les 4 années à venir?

Je suis l’un de ceux qui ont soutenu cette alliance dès la publication des résultats des élections. J’ai choisi la coalition et ce, en lieu et place de la cohabitation. Je savais que cette coalition connaîtra des moments difficiles car l’ Udps est le parti qui a subi plus de coups du pouvoir de Kabila. Les difficultés dues à la coexistence vont continuer, mais la sagesse affichée par Fatshi sera le gage de sa stabilité. Pour les 4 ans à venir, je suis optimiste ; j’espère que l’intérêt du peuple sera au centre, au delà de stratégies partisanes et égotistes.