RDC- Vital Kamerhé: La descente aux enfers

C’est en animal blessé, au mieux seul, qu’il s’est présenté à Genève. Sa prise de position contre l’alignement derrière Etienne Tshisekedi en 2011en tant que candidat unique de l’opposition l’ a desservi. L’impatience de ses ambitions l’a rattrapé en 2018 lorsqu’il s’est désolidarisé de ses pairs de l’opposition pour participer au dialogue de la Saint Sylvestre. Edem Kodjo, le médiateur, partisan du pouvoir Kabila, boudé par celle-ci, l’a entraîné dans sa noyade.
Le deal de Genève à assonances tribalistes qui a plebiscité Martin Fayulu au profit de Félix Tshisekedi le rapproche davantage de ce dernier. Et, lorsque, partis de l’Aéroport de N’djili à 16h, la nuit les trouve sur le tronçon séparant ce dernier de Limété, Kamerhé comprend que l’alliance UDPS – UNC, conclue à Nairobi, au Kenya, n’était pas une erreur.
La réputation de traitre de la République ne le lache pourtant pas; l’histoire de la disparition de 15 millions de dollars et la megestion des travaux du programme des 100 jours lui collant à la peau, il reste le mal aimé d’une grande partie de la population. Les chances de le faire seul en 2023 diminuent. “Kamerhé, que Kamerhé s’en aille, qu’il quitte votre cabinet…” criait la foule des Congolais de la diaspora britanique et au delà lors du face-à-face Diaspora Congolaise de la Grande Bretagne et le président Félix Tshisekedi.
Désormais, le profil bas affiché et la monté d’autres leaders de l’Est tels Bahati Lukwebo, Mbusa Nyamwuissi… le clouent dans la position d’allié éternel pour survivre. Et l’opposition n’étant par forte, la seule alliance qui compte devrait être celle avec l’UDPS. “Kamerhé est mon directeur de cabinet et notre allié dans CACH” répond le Président.
Mais l’état de droit aidant, après être entendu par la justice pendant six heures, Kamerhé a pris le chemin de la prison de Makala. Une détention provisoire qui est la salle d’attente de l’emprisonnement ou de la liberté.
Quoi qu’il en soit, on retiendra que la République des intouchables s’est effrité avec le procès-Kamerhé, que l’état de droit est devenu une réalité et que Félix Tshisekedi est vraiment le fils de son père.